LE PUTSCH DES GÉNÉRAUX |
| Dans la lueur blanche des phares des
G.M.C., la voiture venant en sens inverse s'était mise en travers de la route. Un petit
homme à lunettes, en uniforme, mais aussi peu militaire que possible, en jaillit, les
bras en croix : - Arrêtez ! Une jeep, débordant la file de camions, arrivant à tombeau ouvert, fit crisser les pneus. Le lieutenant Durand-Ruel était à côté du chauffeur. - Vous me reconnaissez?, lui demanda le petit homme. Quel lieutenant ne connaissait pas la silhouette du commandant en chef en Algérie, le général Gambiez? - Retirez-vous, vous n'êtes plus dans la course! fit le lieutenant. Nous avons ordre d'aller à Alger. - De mon temps, dit Gambiez, les lieutenants obéissaient aux généraux! - De votre temps, les généraux ne bradaient pas le territoire national! Et Durand-Ruel lança au chauffeur : - Vas-y ! Celui-ci contourna le commandant en chef et, de son pare-chocs, poussa la voiture sur le |