De Gaulle :l'Algérie de Papa est morte |
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Un autre ennemi déterminé du
régime se révèle : Zeller. En 1956 il avait démissionné avec éclat parce que
Bourgès-Maunoury lui avait refusé une mobilisation partielle en faveur de l'Algérie. Il
en avait gardé une auréole aux yeux de l'armée et en 1958, il avait été
rappelé comme chef d'état-major Terre. Mais depuis lors il s'est attaché au mot
d'intégration au point d'aller à l'encontre des directives du gouvernement. Il sait
maintenant qu'il partira pour la retraite en octobre. Dès lors lui aussi joue à
fond contre le régime. Quant à Jouhaud tout nanti qu'il soit il est si lié avec
Salan et « de tripes » trop pied-noir pour ne pas sentir résonner au creux du
ventre tout appel venant d'Alger. Or en fin août le Général a entrepris sa
première tournée des popotes. Il n'est pas venu pour se laisser imposer l'intégration
de l'Algérie que de tous côtés on le somme d'adopter. Il a déjà dit en
avril à Pierre Laffont directeur de « L'Echo d'Oran » : « Ceux qui crient
aujourd'hui le plus fort « intégration » , ce sont ceux-là même qui étaient
avant, opposés à cette mesure. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on leur rende
l'Algérie de Papa. Mais l'Algérie de Papa est morte, et si on ne le comprend pas, on
mourra avec elle. » Aujourd'hui, c'est un tout autre mot que le Général est venu
essayer sur certains chefs militaires : celui d'autodétermination de l'Algérie. Il en a
parlé a Bigeard, à Saïda, qui s'est montré moins qu'enthousiaste. Il a vu Massu :-
Alors, l'autodétermination comme au Mali ?,s'exclame avec indignation le
parachutiste.Mais de Gaulle n'en a cure. Le 16 septembre, de Paris, il proclame urbi et
orbi : « Au nom de la France et de la République.., je m'engage à demander aux
Algériens...ce qu'ils veulent en définitive.., et d'autre part,à tous les Français
d'entériner ce choix... ».Un choix en trois options, la sécession : un désastre; la
francisation, qui aurait des avantages matériels considérables; l'association, qui
respecterait les caractères originaux de l'Algérie. Une quinzaine de parlementaires, les
plus bouillants de l'Algérie française, sont à l'écoute dans un appartement du
boulevard Suchet. La vitupération éclate aussitôt : - Il finira en Haute Cour, crie Me
Biaggi. Ioualalen, député de Kabylie, sort une pochette à l'effigie de De Gaulle et y
met le feu. Vinciguerra, gaulliste depuis 1942, déchire sa carte de la France Libre. - Il
faut voir Soustelle !, lance André Achiary, ançien sous-préfet de Guelma. Le ministre
d'Etat allât partir pour les îles du Pacifique. On se rue à Orly. Dans le salon
d'honneur, Soustelle les reçoit froidement : - Il n'y a pas péril. De Gaulle a condamné
la sécession. L'autodétermination, il faut l'accepter. Sinon vous feriez douter que la
majorité
des musulmans sont avec vous. Soustelle s'envole. Il faut trouver un autre leader. A la
place de l'U.S.R.A.F., on crée le R-A-F- Sur la dunette : Bidault, Duchet, Alain de
Sérigny, le bachaga Boualem. Lacoste-Lareymondie, ancien directeur de cabinet de Salan,
part pour Alger. Guy Ribeaud aussi, avec, dans sa serviette, les consignes « secrètes »
de Zeller. D'autres, « formelles » : celles de Salan. Le 2 octobre, onze organisations
patriotiques algéroises dressent un réquisitoire contre l'autodétermination. Le
général Ely, angoissé, adresse à de Gaulle un rapport l'adjurant de donner à l'armée
quatre assurances : I) Toute négociation politique avec le F-L-N- est exclue. 2) L'armée assurera le Contrôle du référendum. 3) Les terroristes ne seront jamais considérés comme de |